vendredi 2 février 2018

Comment choisir une surjeteuse familiale ?

C’est une question qu’on m’a beaucoup posée ces derniers temps et ce n’est pas facile de répondre de but en blanc.


Il y a de très bons sites qui expliquent bien à quoi sert une surjeteuse, je ne vais donc pas revenir dessus. Vous pouvez aller voir le blog de Christelle Beneytout, auteure du livre « Guide de couture à la surjeteuse et à la recouvreuse », ou celui de surjeteuse .net par exemple. Vous y trouverez aussi d'autres conseils pour bien choisir. Les conseils suivants sont tirés de mon expérience personnelle.
1.     L’usage qu’on en a
Acheter une surjeteuse étant un petit investissement, l’utilisation qu’on en a (ou qu’on pense qu’on en aura) va déjà vous orienter. Si vous voulez seulement surfiler avec un rendu professionnel, une surjeteuse 3 fils est suffisante (c'étaient les premières!). Si vous aimez travailler la maille, ce sera la classique surjeteuse 4 fils. Et si vous avez déjà beaucoup expérimenté et qu’il vous faudrait en plus le point de recouvrement, alors vous préférerez une surjeteuse 5 fils ; à moins de préférer 2 machines séparées pour des raisons pratiques ou économiques (et oui, il y a parfois des surprises !).

En aurez-vous un usage intensif ou occasionnel ? Cela va vous orienter dans la gamme. Je vous recommande le haut de gamme pour un usage intensif, si possible avec un bon service après vente . Par contre, un usage très modéré vous laisse libre d’acheter une machine d’entrée de gamme, forcément peu chère et sans SAV (renseignez-vous quand même sur le prix des réparations).
 
De gauche à droite : l'antique surjeteuse 3 fils, la classique 4 fils et la multifonction 5 fils
2.     L’enfilage du boucleur inférieur
Ne vous faites pas d’illusion, quelque soit la machine, l’enfilage prend un certain temps à acquérir. Les machines modernes ont un enfilage simplifié avec un schéma et des couleurs. Cependant, pour en avoir eu de nombreuses entre mes mains, soyez attentif/attentive à l’enfilage du boucleur inférieur. J’en ai vu qui étaient de vraies galères à enfiler. Plus on monte en gamme, plus celui-ci est facilité, mais on peut sans doute trouver de bonnes surprises dans le milieu de gamme. Prenez le temps d’essayer vous-même cet enfilage lors de la vente ou renseignez-vous sur ce point.
 
Pour se situer sur la machine.
J'aime bien ceux où il faut tirer une manette pour faire descendre le boucleur inférieur.
3.     Présence du différentiel
J’aurais juré que toutes les machines en sont équipées, jusqu’à ce qu’on me présente une machine récente qui n’en avait pas ! Hors, pour moi, c’est ce qui fait tout l’intérêt de cette machine. Le différentiel est un réglage des griffes d’entraînement (il y en a deux jeux sur la surjeteuse) qui va régler le point en fonction de l’extensibilité du tissu. C’est donc important quand on travaille de nombreuses matières différentes : tissés, jerseys, lycras.
Pour se situer sur la machine.
Parfois un bouton, parfois un levier, généralement gradué de 0.7 à 2.0
4.     Réglage des tensions correct
Si l’enfilage est difficile, le réglage du point l’est encore plus 😈. Quand j’en donne le cours, je fais enfiler la machine pour que chaque fil soit de la même couleur que celle de la tension. Le réglage du point devient ainsi plus visible et compréhensible. Si les tensions de votre machine sont toutes de la même couleur, utilisez des vernis à ongles ou des feutres indélébiles.

Là encore j’ai parfois eu de mauvaises surprises sur des machines récentes. Lors de l’achat, il faut absolument essayer la machine (bien évidemment quand on peut, mais chez un revendeur spécialisé, ça devrait être obligatoire). Les machines que j’incrimine avaient le bloc tension de l’aiguille de droite qui n’avait aucun effet, même à fond ! Le réglage automatique des tensions n’est pas pour moi, mais vérifiez-le aussi. Il y a hélas de drôles de gadgets parfois ; est-ce bien utile?
 
Je fais enfiler la machine comme ceci pour expliquer le réglage du point.
5.     Aiguilles standards
Je pense que les fabricants ont compris l’intérêt de standardiser les aiguilles. Malgré cela, j’ai en cours une machine qui utilise des aiguilles spéciales. Bien sûr, chaque machine est vendue avec une petite boîte d’aiguilles au sigle de la marque. Mais vérifiez que vous pourriez changer de marque  (Schmetz ou Bohin par exemple) et qu’il faut utiliser des aiguilles à talon plat, comme sur votre machine à coudre. Ça paraît absurde, cependant …
 
Tout le monde a trouvé le talon? 😊
6.     Bac à déchet
Loin d’être un élément important, c’est quand même bien pratique. Voyez s’il s’agit d’un bac ou d’un filet qui pend de la table. A vous de juger ce que vous préférez.

7.     Budget
Bien sûr vous allez choisir aussi en fonction de votre budget, mais si vous voulez vraiment une bonne surjeteuse, accordez-vous les moyens de la qualité. Comme on dit, « on en a toujours pour son argent ». Ma surjeteuse est une Bernina (technologie suisse) et je l’utilise depuis plus de 25 ans sans incidents avec une utilisation plutôt intense ; je n’ai fait changer le couteau qu’une fois, et c’était à cause d’une mauvaise utilisation. Elle a coûté une fortune, déjà à l'époque!

Est-ce que la marque et le lieu de fabrication comptent ? Sans doute un peu. Je vous laisse faire vos recherches. Je ne peux pas recommander telle ou telle marque, mais je placerais en haut de gamme Bernina, Elna, Juki, Janome, Baby Lock et en milieu de gamme Husqvarna, Brother, Pfaff (hors Lidl qui est de l'entrée de gamme) et Singer (avec réserve).

Pour indication, la surjeteuse 4 fils entrée de gamme jusqu’à 300 €, milieu de gamme entre 350 et 500€, haut de gamme à partir de 600€. Mais tout est relatif et en cette matière, vous pouvez trouver de bonnes promotions comme de l’occasion. Comparez sur les sites de ventes et dans les magasins et dans le meilleur des cas, essayez des machines.

Dans l’espoir de vous avoir été un peu utile.