jeudi 4 décembre 2014

Robe de princesse

Comment faire une robe de princesse à partir d’une robe de mariée ? Facile me direz-vous ? Oui peut-être vous répondrais-je. Et si le défi était de faire une robe de princesse en 4 ans dans la robe de mariée de sa maman ? Je relèverais le challenge, mais il y aura du travail !
La robe de mariée taille 44 et la robe de princesse taille 4 ans qui en résulte

Pour savoir comment  j’ai fait, voici le reportage en images.


La robe de maman
Chut, ne le dites pas aux enfants ! Il m’arrive de travailler pour le Père Noël. Plus exactement, le Père Noël fait parfois appel à moi pour des demandes très spéciales d’enfants sages. Je n’ai jamais de contact direct avec lui et je ne fais pas de miracles ; j’utilise simplement mon imagination. Cette fois le Père Noël m’a mis au défi en me fournissant une robe de mariée donnée par la maman de cette petite fille. La robe est en taille 44, la petite fille met du 4 ans !

Première étape : démonter la robe bien sûr !

Avant tout, j’ai lavé la robe dont le bas était encore taché par la longue journée des noces. Je n’ai pas réussi à tout enlever, hélas. Puis je commence bien sûr par détacher la jupe du corsage, pour dépiquer chaque partie séparément. C’est moins lourd.

Le corsage démonté
Le dépiquage s’est révélé difficile pour le corsage. Je ne voulais pas abîmer les broderies et il y avait une retouche bien serrée pour réduire le bustier. La patience est un atout dans ces cas-là. Je m’aide d’un bon film pour éviter toute précipitation malheureuse. Je n’ai pas tout démonté cependant, pensant réutiliser au maximum des éléments déjà faits.

Démontage de la sur-jupe
Passé cette étape, je m’attaque à la jupe. Je me demandais encore ce que j’allais faire avec toute ces matières et comment transformer la robe pour qu’elle ne soit pas une robe de mariée miniature. La réponse est venue des matières. En démontant la sur-jupe, je me suis aperçu qu’elle était composée de trois tissus superposés : un satin rose, un organza blanc qui en atténuait la couleur et un tulle qui donnait de la tenue au satin. J’avais trouver la solution : enlever simplement l’organza ! De plus, la forme était idéale pour faire la jupe de ma robe de princesse.

Coupe de la jupe
Le satin crème me servirait pour le corsage, le tulle et la doublure pour un jupon, et tout s’est mis en place dans ma tête ; la robe était en train de se créer !

Deuxième étape : le corsage

Confection d'un patron
Je voyais bien un classique des robes de princesse : corsage à découpe plastron, petite manche ballon, jupe et sur-jupe drapée. Puisque j’avais les mesures de mademoiselle P., gracieusement fournies par sa majesté la reine Maman, il m’était aisé de faire un patron.

Le jupon
J’ai fait un petit jupon pour donner un peu de volume à la jupe. J’ai réutilisé la baleine du bas de la jupe de mariée pour donner de la tenue.

Ensuite j’ai coupé en suivant mon idée. Avec des restes de coupes antérieures, j’ai entoilé le satin avec un coton rigide. Trop fin, il n’aurait eu aucune tenue avec le poids de la jupe. Et puis les petites filles en corset c’est du passé !

Pour casser le blanc, j’ai récupéré le bord du corsage initial et j’en ai fait un biais. Sur la jupe de tulle, j’ai découpé les motifs de dentelle perlés pour les positionner sur le patron. Toujours pour casser le côté « mariage » et ajouter une touche de couleur, j’ai disposé quelques perles framboise et rose.
La confection du plastron
Il me fallait une idée pour les manches. Je me suis souvenu des effets de matelassé sur certaines robes de la renaissance. J’ai donc piqué en rose des losanges et j’ai perlé chaque intersection. Pour donner un peu de volume aux manches, j’ai coupé une manche plus grande en organza.
L'ornementation des manches
Ces ornementations terminées, j’ai assemblé le corsage avec les manches.

Troisième étape : finir la robe

Avancé de la réalisation
Un biais rose pour finir les manches
La robe se compose d’un dessus, corsage et surjupe, et d’une doublure, corsage et jupe.
Terminer la robe nécessitait une petite réflexion sur l’ordre des opérations. Je veille toujours à la qualité, même pour un déguisement. Après avoir attaché les jupes aux corsages (dessus et doublure), j’ai posé la fermeture à glissière dans le dos. J’ai terminé l’encolure puis j’ai attaché le haut des manches ensemble. Cela fait, j’ai attaché la taille  du dessus avec la taille de la doublure pour une meilleure finition. Enfin j’ai terminé le bas des manches avec un biais rose pour l’équilibre esthétique de l’ensemble.


Et voilà, je suis assez fier du résultat. Je pense que la princesse P. sera ravie et ravissante et j’espère qu’elle se souviendra longtemps de ce Noël. Dès que sa majesté me les aura envoyées, j’ajouterais les photos de ma petite princesse à cet article.
La robe terminée en attendant les photos de la princesse P.
Je n'ai pas de mannequin, mais j'ai un traversin!
"Princesse chenille"

Avec un drapé pour ne pas se prendre les pieds et tomber
Pour donner une idée de ce que représente un tel travail et parce qu'on me le demande, voici les temps de fabrication : patronage 1h55, dépiquage 9h, ornementation (pose de motifs et de perles) 6h50, fabrication proprement dite (coupe et assemblage) 19h. Soit un total de 36h45. Il n'y a eu aucun essayage.