vendredi 21 novembre 2014

Conseil 4 pour créer un costume Steampunk

Développement de l’article « 8 règles de la mode steampunk »

Conseil 4 : Portez vos couleurs (et vos matières)

« Mis à part le fluo, toutes les couleurs peuvent être steampunk, ou plus exactement, le steampunk se pare de toutes les couleurs. »

Rappelez-vous que le steampunk se déroule dans un monde de technologies avancées à l’époque de la révolution industrielle. Il est donc envisageable d’avoir des couleurs vives et des motifs compliqués faits à la machine. D’un point de vue uchronique, si toutes les expériences de l’époque avaient réussies, certains produits n’auraient-ils pas existé bien avant la date que nous leur connaissons ? On trouvera donc toujours une justification à votre choix de couleurs et de matières.

Pour en savoir plus sur les teintures et textiles au XIXème siècle, rendez-vous en bas de cet article.

Côté « steam »

Vivien  Leigh dans "Autant en emporte le vent"
Scarlett O-Hara habillée de ses tentures!
Des couleurs et matières naturelles
pour se fondre dans le décor!















En fait il y a peu de différence avec les couleurs  et les matières d’aujourd’hui ! Ce qui facilite les choses. Régulièrement, les motifs rétros refont surface et certains, comme les motifs floraux stylisés, n’ont jamais quitté l’ameublement. Vous pouvez toujours prendre vos rideaux pour vous habiller à la mode ! Si Scarlett O’Hara l’a fait, pourquoi pas vous ? ;)

Pour faire époque et se fondre dans le décor, la gamme colorée est plutôt naturelle et grisée (beiges, marrons, verts kakis, indigo, gris colorés, rouges bordeaux, etc.). C’est lié aux colorants et aux matières naturelles des textiles du XIXème siècle. Donc en choisissant la laine, le lin, le coton, la soie et le cuir, vous êtes sûr de reproduire un côté vétuste et d’affirmer l’aspect rétro.

Les couleurs vives  ne doivent pas être rejetées pour autant. Les costumes militaires et les robes de bal arborent des rouges turcs, des verts émeraude, des bleus royaux, les jaunes d’or. Les taffetas, les satins, les organzas et les velours sont des textiles de luxe très appréciés pour les gilets de ces messieurs et les robes de ces dames. Ne parlons pas des broderies et des tissus brochés !
Des couleurs vives!
Et pourquoi pas les couleurs de l'Orient et de l'Afrique?

Une gamme colorée plus coloniale!


La mode du blanc pour le mariage vient de celui de la reine Victoria en 1840. Couleur virginale dans des textiles diaphanes, le blanc évoque les vêtements coloniaux des pays chauds quand il est en coton. Le deuil est toujours en noir et les gris sont les couleurs du sérieux. Les couleurs claires évoquent l’enfance, l’innocence (Alice au pays des merveilles, les marinières d’époque).

Choisir ces matières et ces couleurs, c’est donc évoquer le passé avec une notion de position sociale, c'est évoquer le luxe ou le populaire.




Côté « punk »

Dans steampunk, il y a « punk ». Comment exprimer cet esprit punk ?

C'est assez punk non?
Boutique KMKDesignsllc sur Etsy
Un des trucs des punks est d’arborer des couleurs dérangeantes. C’était flagrant sur les coiffures à crête des années 80. Ces magnifiques couleurs prenaient soudain une allure agressive ; comme dans le  règne animal, elles rappelaient les couleurs du danger et du venin. Aujourd’hui c’est moins choquant. Les lolitas du cosplay japonais nous ont montré qu’une couleur de cheveux inhabituelle (rose, bleu, vert, violet) pouvait parfaitement s’intégrer à l’ensemble et en renforcer l’effet.



Un brin décalé?

Donc pour plus de provocation ou d’interrogation, pour renforcer l’aspect décalé, vous pouvez opter pour des couleurs brillantes, vraiment artificielles. Utiliser des matières modernes comme le vinyle ou le latex est aussi une manière de provoquer. Si vous voulez attirer l’attention, faites des associations choquantes. Si votre personnalité vous porte à être flamboyant, exprimez votre « punkitude » !


Certains personnages des romans sont hauts en couleurs.
Par exemple voici une description de lord Akeldama dans « Sans âme » de Gail Carriger.

« Il (lord Akeldama) entra dans la pièce à petits pas et en chancelant sur des talons de huit centimètres ornés de boucles d’or et de rubis…Il s’habillait systématiquement de manière absurde. En plus des talons, il portait des guêtres à carreaux, des culottes de satin or, un gilet rayé orange et jaune citron et un habit de soirée de brocart rose vif. Sa cravate, une cascade dégoulinante de soie chinoise mousseuse orange, jaune et rose était à peine maintenue en place par une magnifique et énorme épingle ornée d’un rubis. Son visage éthéré était poudré, ce qui était plutôt inutile car il était déjà d’une pâleur parfaite, comme l’aimaient ses semblables. Il arborait des disques de blush rose sur les joues comme un personnage de Guignol. Il affectait également de porter un monocle en or, bien que, comme tous les vampires, il eût une vue parfaite. »


Des couleurs flamboyantes!
Quoique vous choisissiez, l’essentiel est d’être en accord avec votre personnalité, vos goûts et votre personnage. Il y aura toujours moyen de justifier vos choix car le steampunk n’est pas un travail de reconstitution historique. C’est une fiction basée sur l’histoire certes, mais qui raconte sa propre histoire. Quelle est donc la vôtre?

Les teintures et les textiles au XIXème siècle

Jusqu’au XIXème siècle, la teinture des tissus se limitait, faute de connaissances en chimie, aux colorants d’origine animale ou végétale.

Le premier colorant synthétique utilisable (appelé mauvéine en raison de sa couleur) fut inventé en 1856 par le chimiste anglais William Perkin (1838-1907). Ces colorants permettaient d’obtenir des couleurs très vives et d’une pureté encore inconnue mais leur résistance était très inférieure à celle des meilleures teintures végétales. Il fallut donc des couleurs synthétiques plus résistantes, ce qui conduisit les chimistes à étudier la composition des meilleurs colorants végétaux pour les imiter avec des produits de synthèse.


Apparurent des teintures dérivées des colorants naturels, comme le brun cachou, (Kurer en 1815) et le noir de chrome tiré du bois de campêche. L’alizarine, principe colorant de la garance, fut découverte en 1869 et, dés 1871, on trouvait de l’alizarine synthétique dans le commerce. L’aniline (ou fuchsine découverte par le chercheur français Verquin dans l'indigo et extraite aujourd'hui de la houille) permit la production d’indigo synthétique dés 1897. En 1920, ces derniers avaient plus ou moins atteint le degré de perfection que nous connaissons aujourd’hui. Les premières expériences de synthèse de colorants métallifères (qui renferment un métal quelconque) eurent lieu en 1889, mais ils ne furent commercialisés qu’en 1951. 
La synthèse des colorants réactifs fut réalisée de 1954 à 1956.  


La découverte de couleurs nouvelles extraites de la houille à la fin du XIXème siècle révolutionne le monde de la teinture et crée une véritable industrie : la première production industrielle des couleurs a eu lieu à Mannheim (Allemagne), en 1861. Ce n’est que dans les années 1950 que les colorants permettent d’obtenir une couleur solide et donc, de créer la teinture Grand Teint. 
Source : Ideal.fr

La laine est le produit d’un âge pastoral, le lin et la soie d’un âge artisanal. Au XVIII et XIXème, c’est un textile tropical, le coton, qui, grâce à ses aptitudes particulières, suscite la révolution industrielle et contribue à la grande industrie mécanisée de la première ère du capitalisme. Mais les recherches sur des fibres qui imitent la nature commencent dès 1664 (Hooke) et 1734 (Réaumur). En 1884, le comte de Chardonnet présente une matière textile artificielle semblable à de la soie à l’exposition universelle. Il en a déposé le brevet en France en 1855 et en a commencé la fabrication en 1890. C’est l’origine des textiles à base de cellulose : la viscose, qui sera véritablement commercialisée à partir de 1898 sous le terme de « soie artificielle ». A la même époque il y eût de nombreux essais en Angleterre.
Source : « L’industrie des textiles en 1953 » par V. Prévot, Volume n° 18-4 de la revue « l’information géographique », 1954

Les véritables fibres synthétiques, issue de la chimie du pétrole, sont commercialisées en 1924 (la rayonne), 1938 (le nylon de Du Pont de Nemours), le polyester en 1954 (Tergal français, Terylène anglais, dacron américain). 


Les techniques de tissage et d’impression se sont perfectionnées en même temps.