mercredi 24 septembre 2014

Comment sont déterminées les tailles standards ? 1

Première partie : définitions et barèmes de mesures

Ne vous êtes-vous jamais demandé comment sont déterminées les tailles standards ? Pourquoi les vêtements du prêt-à-porter nous vont bien, mis à part quelques retouches ici ou là ?

Je connais assez le problème d’un point de vue professionnel. Toute la difficulté du taillant du prêt-à-porter réside dans son tableau de mesure : il doit correspondre à la clientèle pour laquelle il est destiné. Ainsi les vêtements pour adolescentes n’ont pas tout à fait le même barème de mesure que les vêtements pour femme adultes ou pour femme âgées. De même qu’un barème de mesure français peut avoir des différences notables avec le barème allemand ou italien. Les différences morphologiques liées à l’âge, à la corpulence, ou à la stature sont à l’origine de ces différences. De même les appellations de taille diffèrent d’une marque à une autre, d’un groupe à un autre, d’une catégorie de vêtement à une autre, d’un pays à un autre.

Mais alors, comment fait-on ?

Pour que les choses soient claires, je vais vous donner quelques définitions.
  • ·         Ce qu’on nomme appellation de taille c’est la taille indiquée sur l’étiquette d’un vêtement. Par exemple « 40 », « 48 », « 3 ans », « M », « ½ patron » (celle-ci est assez retro). Elle correspond à une stature et à des mensurations réunies dans un tableau : c’est le barème de tailles ou barème de mesures.

  • ·         Une morphologie est l’ensemble des caractéristiques générales d’un corps. Par exemple une morphologie en « A » correspond à une silhouette dont les hanches sont plus larges que le buste. Inversement, une morphologie en « V » correspond à une silhouette dont le buste et les épaules sont plus larges que les hanches.
  • ·         Les tailleurs et les couturières qui travaillent sur mesures considèrent aussi la posture. Il s’agit de la façon dont vous vous tenez : dos voûté ou cambré, épaule ou hanche plus haute que l’autre, jambes arquées, etc. Il s’agit là d’entrer dans les détails pour ajuster le vêtement au plus près du corps qu’il habille. Bien sûr, plus le vêtement est collant, plus ces détails sont importants. On n’a pas besoin des mêmes informations pour faire un corset et pour faire une veste ou un pantalon.

Les statures et  les mensurations n’ont pas été définies au hasard. Elles correspondent aux statistiques relevées lors d’une année donnée sur un échantillon large de la population d’une région ou d’un pays. Ce sont les fameuses « campagnes de mensurations ». Elles sont décidées majoritairement par les industriels afin que leurs produits répondent au plus près des besoins de leurs clients. On peut trouver les résultats de la dernière campagne  française de 2006 à l’ IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement). La précédente  a eu lieu en 1962-1970  et les résultats ont déterminé les tableaux de mesures qui ont servi à la fabrication des vêtements jusqu’aux années 2000, époque où l’on a observé un besoin de réajustement entre les mensurations de la clientèle et celles des barèmes.

Les tableaux de mesure de la VPC sont de bonnes références
Les tailles du prêt-à-porter correspondent donc à des statistiques qui permettent leur standardisation. Avec les cabines 3D utilisées lors de la dernière campagne, on a pu intégrer la notion de morphologie. Mais il est certain que ces mensurations, résultantes de moyennes, ne saurait exprimer toute la diversité des morphologies. J’en connais 8 pour la femme et 5 pour l’homme. Cette notion de morphologie est un héritage des tailleurs et des couturières qui travaillent sur mesures ; ils l’appellent « conformation ». C’est d’ailleurs sur la base de leurs observations que le prêt-à-porter a commencé. Les barèmes tiennent donc compte d’une morphologie présupposée dite « normale ». Cette morphologie « moyenne » est la résultante des mesures du barème, et non l’inverse, du moins c’est l’impression que ça donne.

Comme ce sont des statistiques, il est normal de constater, lorsqu’on achète un vêtement de prêt-à-porter, qu’il ne va pas toujours très bien. Ne considérez pas que la modéliste ou que le patronnier qui est à l’origine de ce vêtement a mal fait son travail ; les mesures sont justes mais elles correspondent à un tableau de mesures, pas à une morphologie. On a alors recours aux retoucheurs dans la limite des possibilités. Ne pensez pas non plus que vous êtes difforme parce qu’aucun vêtement du prêt-à-porter ne vous convient. Vous ne correspondez pas aux normes établies par les fabricants. Le mieux pour vous est alors de faire faire vos vêtements sur mesure.

Il y a des astuces pour contourner les problèmes de taillant posés par le prêt-à-porter : acheter le bas (jupe, pantalon) et le haut dans une taille différente, choisir son vêtement dans la taille la plus proche. Mais le meilleur conseil que je puisse vous donner est de toujours essayer les vêtements avant leur acquisition. Le prêt-à-porter réserve tout de même de bonnes surprises, à commencer par celle du prix et de l’immédiateté. Le sur mesure propose le confort d’un taillant exact et la personnalisation partielle ou totale de votre vêtement.

Dans la deuxième partie, je donnerai quelques explications sur les appellations de taille.


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