mercredi 27 août 2014

Histoire de la création d’une robe de mariée 2

Dans le précédent post, je vous ai raconté comment je suis passé du croquis au prototype de la robe de Mlle A. . Arrive le moment crucial du premier essayage, ce moment de toutes les interrogations et des premières impressions.


Il était plus facile de recevoir Mlle A. chez moi. D’abord parce qu’il fallait préserver le secret de la robe, ensuite parce que Mlle A. trouvait ça plus pratique vis-à-vis des délais assez courts. Avant qu’elle n’enfile la robe, je lui ai expliqué que j’ai pris des matières approchantes pour faire la toile et que j’ai travaillé le volant au jugé. 












Comme je le lui avais demandé, Mlle A. s’était procuré les chaussures et le soutien-gorge pour cet essayage. 
Ne pensez pas que c’est de la perversité, vous vous égareriez. La diversité des soutiens-gorge prend toute son importance quand on travaille une robe sur-mesure. La forme du décolleté et de l’emmanchure, la position du dos et des bretelles, le galbe que le modèle donne aux seins, tous ces éléments peuvent changer le taillant du haut d’une robe. A plus forte raison pour une robe de mariée. Alors si on a fait l’essayage avec un soutien-gorge classique, il faut éviter de mettre un push-up qui détruirait toute la mise au point de la robe le jour du mariage !





Par contre, à ce stade, les chaussures n’étaient pas vraiment nécessaires. Le réglage de l’ourlet est la dernière étape de la fabrication. Je n’avais besoin que de la hauteur de talon pour l’économie de la coupe. En effet, nous avions choisi des coupons de 3 mètres de chaque matière : de la soie écrue pour le dessus et du pongé de soie en doublure. Je ne pouvais pas en avoir plus, mais cela suffisait. Précaution que je prends toujours, j’ai fait faire un nettoyage à sec pour stabiliser les matières avant de les travailler.







Voici donc Mlle A. dans sa robe de drap et de dentelle verte. Je vous l’accorde, ce choix de couleurs n’était pas des meilleurs ; il présentait l’avantage de bien voir les proportions du haut par rapport à l’ensemble. C’est ainsi que nous avons décidé de baissé la ligne d’empiècement de 2 cm et de repincer la taille. La forme du volant ne me plaisant pas, je l’ai retravaillé sur elle.
« C’est formidable, je ne la sens pas » m’a-t-elle dit. C’est toute la magie du sur-mesure ! Après lui avoir demandé comment se passaient ses préparatifs, nous avons pris rendez-vous pour l’essayage suivant, afin de vérifier le bien aller avant la coupe.






Au deuxième essayage, j’ai souligné la taille encore un peu. Les corrections étaient bonnes et le volant tombait superbement. La question qui restait était celle-ci : « tu veux la bordure avec les écailles en dedans ou en dehors ? ». Après tout, les deux sens convenaient.












« Ben je ne sais pas !
_ On peut voir ce que ça donne. Je vais épingler la bordure, sans la couper, et tu me diras ce que tu préfères.
-D’accord. »







Je félicite Mlle A. pour sa patience. Elle a fait le travail d’un mannequin professionnel : rester debout longtemps avec quelqu’un qui vous tourne autour. Je place une psyché pour que la personne puisse se voir sans changer de position pendant que je travaille. Elle pouvait ainsi décider du sens des écailles, mais ça a dû lui paraître un peu long. 
A sa demande, j'ai aussi approfondi le décolleté du dos.



Dans le prochain post, vous verrez le troisième et dernier essayage, c'est-à-dire la robe finale.